Extraits de presse

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Libération 22 août 2009 

« Cette pantomime tout en finesse a pour cadre un parking en plein air où se croisent des figures familières et décalées - bonne sœur de la Croix-Rouge, avocate stressée, top model glaciale, flics sadiques, dealer de carottes, jogger maladroit… Tous se disputent un espace urbain placé sous la surveillance conjointe des brigades humanitaires et des forces de l’ordre ».

René Solis


Stradda octobre 2009

« Dans sa dernière création, "RUSHs", Delices Dada dresse un portrait sans concession du monde qui nous entoure, mais avec la délicatesse de ne jamais forcer le trait et sans caricature autre que nécessaire. Sans texte, par la seule force de saynètes qui s’enchaînent le long d’un mur de vinq-cinq mètres, tout ce qui aujourd’hui gangrène les relations humaines défile sans interruption. Le rythme, l’éclairage, c’est la musique qui les donne, et là n’est pas le moindre intérêt du spectacle. Pendant une heure, Chris Chanet fait dialoguer les compositions de trois artistes contemporains, qu’il mixe en direct avec des bruits préalablement préparés. Qui d’autre que Delices Dada peut oser un propos aussi radical en rue ? Une Marseillaise vaguement reconnaissable jouxte des réminiscences de Stravinsky, la musique concrète flirte avec du free jazz.
Les amateurs s’en régalent les oreilles, tant cette partition sonore met en valeur le déroulement des scènes et le propos. Œuvre exigeante, "RUSHs" a le talent d’offrir un travail d’expérimentation accessible à tous. Du vrai, du grand Delices DADA ! »

Floriane Gaber


La Scène Juin-Juillet-Août 2009

(…)«  Des histoires superficielles ou plus profondes se tissent et se chevauchent, à la faveur d’un enchaînement de séquences muettes présentées comme des rushs cinématographiques avant montage. Venant appuyer cette déconstruction, revendiquée, de la narration, le son occupe ici une place prépondérante. Interprétée en direct par son compositeur, Chris Chanet, la partition électroacoustique évoque un univers rempli de bruits parfois réalistes, parfois incongrus, hypertrophiés et manipulés. En phase avec le jeu physique très accentué des acteurs dans un registre burlesque et surréaliste, elle permet surtout d’accélérer, suspendre ou étirer le temps à volonté. On rit, on s’émeut, à la vision de cette « revue » débridée qui questionne aussi sur les rapports (ou l’absence de rapports) entre les êtres humains que génère l’espace public. » 


La Montagne 20 août 2009

« Les personnages marchent, courent, insensés, dans un sens ou dans l’autre. Il se suivent et ne se ressemblent pas. Se percutent mais ne se parlent pas. Se désirent mais ne se regardent pas. Se cherchent mais ne se trouvent pas. Tous acteurs volontaires mais maltraités d’un joyeux manège loufoque et muet.

Seuls les hauts-parleurs continuent de diffuser leur toile de fond sonore, trouée parfois par la voix d’une femme qui annonce les derniers cours de la bourse, puis une dernière information. Une voix de propagande, relais d’un pouvoir invisible mais omniprésent. (…)
Et les héros, malgré eux, continuent leur improbable défilé, chacun danseur d’une chorégraphie urbaine troublante et troublée, rythmée par le temps qui ralentit ou s’étire, au gré des fantaisies de la bande. (…)
Des métaphores parodiques de vies heurtées et déshumanisées où l’on se croise et se percute sans vraiment se rencontrer. »

Matthieu Perrinaud